Jour 234 – Vulcanissime

Carlos nous dépose à Ambato où nous passerons la nuit dans un hôtel, faute d’auberges de jeunesse.

Au levé, nous laissons nos gros sacs à l’hôtel et nous dirigeons vers le terminal de bus de la ville. Là-bas nous grimpons dans un bus pour Guaranda, une ville plus au sud. Nous indiquons cependant au conducteur que nous voudrions descendre à mi-chemin : la route reliant les deux villes longe le coté ouest du Chimborazo, haut de presque 6300m.

On nous dépose donc au milieu de pâturages à lamas et moutons.
Le Chimborazo est caché derrière d’épais nuages et nous nous décidons donc à avancer sur son flanc pour tenter de l’apercevoir.
A cette altitude, la montée n’est pas facile, et le vent ne nous aide pas.
On s’assoit à l’abri du vent pour manger nos sandwichs et nous avouer que le Chimborazo ne se laissera pas voir aujourd’hui. On ne peut pas avoir de la chance tous les jours !
Résignés, on redescend la montagne vers la route. On traverse des étendues d’herbes touffues jaunes dans lesquelles se cachent de petits oiseaux.

Arrivés sur la route goudronnée, on attend un bus pour retourner vers Ambato. Mais après trois bus qui passent devant nous sans s’arrêter, on se décide à tenter le stop !
Alors qu’une partie effrénée de volley prend place entre les hommes du hameau, une camionnette blanche s’arrête devant nous et nous indique de grimper à l’arrière.
Le charmant couple qui s’y trouve nous fait la causette pendant la bonne heure de route qui nous sépare d’Ambato. Et impossible d’arrêter le monsieur qui est tout plein de questions sur la France et notre voyage !
Ils nous déposent pile devant l’hôtel dans lequel nous récupérons nos sacs à dos avant de retourner au terminal pour, cette fois-ci, prendre un bus pour Latacunga.

Nous arrivons à la tombée du jour à Latacunga et nous nous mettons tout de suite à la recherche d’un lieu pour la nuit. Après avoir écumé le centre ville et les alentours, nous optons pour l’hôtel le moins cher que nous trouvons : le Santiago Hostel !
Nous allons rester ici plusieurs nuits et tout le monde en profite pour faire une petite lessive qu’on étendra sur des ficelles tendues dans les chambres et les salles de bain.

Au programme du jour : le Cotopaxi ! Le volcan, encore en activité, se trouvant au sud de Quito.
Malheureusement, Clémence, ayant rendu ses tripes pendant la nuit, restera à l’hôtel.

Nous partons donc tous les trois et prenons un bus pour nous rapprocher le plus possible du volcan. On nous dépose à une bretelle d’autoroute, juste devant une voiture de guide de montagne. Le petit monsieur du véhicule nous apprend que nous ne pourrons pas nous rendre tous seuls sur le Cotopaxi : déjà la route pour y aller est de plusieurs dizaines de kilomètres, mais en plus la zone est alerte jaune et n’est accessible qu’en présence d’un guide. N’ayant pas vraiment le choix, et ne voulant pas rester sur notre faim comme la veille, à ne pas voir le sommet caché par les nuages, nous décidons de monter avec lui. On lui fait promettre que nous pourrons voir le Cotopaxi après avoir passé la barrière de nuages !

Le guide (Nicolas de son prénom) nous emmène donc en voiture jusqu’à un petit musée qui explique l’impact de l’agriculture, de l’exploitation du bois, et du réchauffement climatique sur la faune et la flore du Cotopaxi. On voit d’ailleurs des représentations du reculement du glacier du Cotopaxi.

En continuant notre ascension en voiture, Nicolas nous fait arrêter sur un pont. De chaque côté s’étend une langue de boue et de cailloux. Il nous explique qu’il y a une dizaine de jours, un glacier s’est décroché du Cotopaxi (à plus de 20km de là) et a crée une coulée de boue qui est descendue jusqu’ici et au village du bas, remplissant le lit du ruisseau qui, ici, était profond de 10mètres. Il en profite pour nous raconter les effets du réveil du volcan l’été dernier sur son village : pendant une semaine, le village a été nappé d’un brouillard de cendres. Pendant plusieurs jours, le volcan a en effet émis d’épais nuages de cendres montant jusqu’à plus de 8km de haut.
Les scientifiques prédisent que le Cotopaxi connaît une éruption très importante tous les 100ans environ et la dernière éruption date de 1877…

On monte encore un peu jusqu’à arriver sur un immense plateau dégagé et ouvert au vent au milieu duquel se trouve … le Cotopaxi, avec son cône parfait recouvert de blanc ! C’est magnifique !
On reste un peu devant, ébahis à regarder les nuages s’accrocher sur le sommet.

Nicolas nous propose ensuite d’aller faire un tour autour d’une lagune toute proche pour observer les oiseaux et la végétation du lieu.

Après la balade, on remonte tous dans la voiture pour redescendre le volcan.

Nicolas nous dépose à un arrêt de bus mais une voiture s’arrête pour nous avancer tous les trois vers Latacunga. Après un bus et une autre voiture, nous arrivons à la ville à l’heure pour le dîner et le fameux « poulet/frites » que les garçons apprécient déjà !

Un dodo et un réveil tôt le lendemain matin.

Clémence allant mieux, nous partons tous pour le Lac de cratère Quilotoa.
Deux routes s’offrent à nous : une par le sud et une par le nord. Apparemment, la route du nord passe par le petit village de Chugchilan qui est adorable. Va donc pour le nord !

Mais ce qu’on ne sait pas, c’est que la route par le nord est une piste en terre qui serpente et zigzague dans la montage. Le chauffeur ne déroge pas à la règle et roule à toutes vitesses. Il n’en faut pas plus pour que Théo se sente mal ! Pendant que Clémence lui tient les jambes en l’air, voilà que tout le bus veut l’aider ! On ouvre les fenêtres, le chauffeur s’arrête et une mamie descend du bus pour aller chercher une plante. Elle tend à Guillaume un joli petit bouquet de fleurs jaunes et lui indique d’en fouetter avec le visage du malheureux Théo. Un peu interloqué, Guillaume hésite mais la mamie insiste en nous disant qu’il faut qu’on y aille franchement. Fanny récupère le bouquet et s’en donne à coeur joie ! Et cela semble faire effet ! Théo se sent mieux et passera la suite du trajet les yeux fermés et le bouquet sous le nez.

Le bus nous laisse à son terminal : à Chugchilan, soit 20 minutes au nord du Quilotoa. Ici, on se renseigne pour une auberge mais les prix sont beaucoup trop élevés. On se met donc à la recherche d’un bus, seulement, le prochain bus pour Quilotoa n’est qu’à 6h du matin. Et il n’est que 14h !
En attendant une solution, on s’assoit par terre avec un oeuf-frites que deux femmes nous vendent.
L’associé du chauffeur de bus, nous voyant toujours ici, vient nous voir et nous apprend qu’une voiture part pour Quilotoa et peut nous prendre tous les quatre pour 12$. Un peu cher pour 20 minutes de route. Le monsieur accepte de nous prendre à 10$.

Fanny accompagne un Théo encore un peu faible dans l’habitacle du véhicule, tandis que Clémence et Guillaume montent sur la plate-forme arrière dans laquelle se trouve déjà du monde.
Ce genre de moyen de transport est assez courant en Equateur : pour palier au manque de transport public, les gens reconvertissent leur voiture personnelle en taxi pour permettre aux gens habitant dans des coins reculés et n’ayant pas de voitures de pouvoir circuler.

On arrive vers 16h au Quilotoa.
Une petite montée et nous découvrons le cratère et tout en bas, le lac bleu azur.
Waouh. Pas mal.

On se pose en haut, une thermos de thé nous aidant à nous réchauffer.
Un jeune argentin est à côté de nous : depuis ce matin il est ici à se délecter du paysage sous ses yeux. Il attend que le soleil baisse un peu pour descendre dans le cratère à côté du lac et poser sa tente pour passer quelque jour en bas. On l’envie. Même si les nuits doivent être bien fraîches !

Nous nous décidons à descendre dans le cratère, en sachant que nous ne pourrons pas aller jusqu’en bas, le soleil étant déjà bien bas. La piste sablée descend très vite et nous nous enfonçons dans cette cuvette. On admire la vue puis on remonte.
Et c’est que la montée n’est pas aussi facile que prévue : la pente est bien raide et l’excuse de l’altitude est toujours de mise ici !
Bien essoufflés, on rejoint le haut du cratère pendant que le soleil se cache derrière les montagnes.

On se dépêche bien vite de rejoindre la route avant que le froid n’arrive. Là-bas un monsieur nous indique qu’il n’y a plus de bus pour Latacunga mais qu’il peut nous avancer jusqu’à la prochaine ville dans laquelle partent encore des bus. Décidément !
Et là-bas, en effet, nous trouvons un bus pour Latacunga.

Une autre nuit au Santiago Hostel.

Après une grasse matinée, nous nous redirigeons pour la dernière fois vers le terminal de Latacunga, pas mécontents de quitter cette ville pas très attachante.
Nous prenons un bus pour le nord, pour la petite ville de Saquisili, à 30 minutes d’ici.

Une fois là-bas, nous nous remettons en quête d’un endroit pour la nuit. Mais après avoir demandé des indications à une dizaine de personnes et avoir fait le tour de la ville il faut se résigner : il n’y a qu’un seul hôtel dans la ville, la patronne n’est pas du tout aimable, et la nuit est à 10$.
Nous voulons rester une nuit ici car on nous a promis que le lendemain matin (un jeudi) un énorme marché prenait place partout dans la ville ! Théo, Guillaume et Fanny décident quand même de rester tandis que Clémence retournera sur Quito dans la collocation de Couchsurfers.

Mais avant qu’elle ne parte, on reste bloqué devant un coiffeur qui clame un joli « 2$ la coupe ». Théo étant bien tenté, on rentre tous les 4 dans la petite boutique bleue et le jeune homme passe sous les ciseaux de l’adorable coiffeuse.
Deux centimètres de cheveux en moins, il est tout beau et tout content. A la vue du résultat, Clémence et Fanny se décident aussi à y passer. 12 centimètres en moins pour les deux !
C’est la première fois pour la coiffeuse qu’elle coupe des cheveux d’européens et elle s’en sort admirablement bien !

Une fois nos têtes allégées, on se dirige vers les places des marchés (qui ont lieu tous les jours mais sont plus réduits).
Il y a un monde de fou ici !
Les gens déambulent entre les étals de patates, de têtes de porc, de vêtements de seconde main, de corde, de poissons, d’herbes médicinales,… Ca crie de partout, ça se bouscule. C’est magnifique !
Un immense hall ouvert abrite des minis-restaurants où les gens s’attroupent pour manger des soupes et du poulet.
Alors que le soleil se couche doucement, on découvre une petite dame qui vend des galettes de maïs au fromage fries délicieuses ! On en mange tous.
Puis Clem doit déjà partir prendre son bus qui la ramènera pour Quito.

Version Saquisili – Théo, Guillaume et Fanny

Et voilà que Guillaume se fait alpaguer par un jeune monsieur qui a une enquête à faire sur les touristes qui passent pas Saquisili. Il se prend au jeu et le monsieur se met à nous taper la causette. On en profite pour lui demander s’il connaît un lieu où manger des humitas ici : depuis son arrivée en Equateur, Guillaume attend avec impatience d’en manger. Avec son père, ils nous accompagnent tous les deux jusqu’à un petit restaurant que tient une grand-mère. Elle nous assure qu’elle en aura dans une demie-heure ! On lui promet de revenir, remercions nos deux informateurs et retournons sur le marché. La nuit est tombée maintenant et on est pressé de voir l’ambiance du marché de nuit.
Il y a toujours autant de monde ! Les stands de nourritures fument et les acheteurs se pressent de faire leurs dernières emplettes du jour. On se poste à un endroit pour apprécier le fourmillement ambiant.

Puis l’appel du ventre se fait sentir et nous retournons chez la grand-mère.
Elle nous sert nos humitas (une purée de maïs cuite dans la feuille) avec du café.
Guillaume est tout content même s’il trouve le plat un peu bourratif.

On rentre à l’hôtel pour jouer à un jeu de carte que nous rebaptiserons le « Cayambe » faute de se rappeler du nom d’origine du jeu.

On se réveille assez tôt pour profiter de tous les marchés.
Le jeudi à Saquisili, chaque place de la ville se reconvertit en un marché à thème : le marché aux bêtes, le marché aux vêtements, le marchés aux légumes, le marché fourre-tout… Les rues reliant chaque place sont elles aussi remplies de vendeurs qui n’ont pas eu d’espace sur les places. La ville se transforme donc en marché géant et attire tous les habitants des alentours.

Et aussi incroyable que cela puisse paraître, il y a encore plus de monde que la veille !
On s’assoit dans un stand-restaurant pour prendre un petit déjeuner en face de poulets prêts à être cuisinés pour le midi. La dame-cuisinière est aux petits soins avec nous et est toute ravie qu’on se resserve chacun deux fois !

Puis on se dirige tant bien que mal entre les stands où on essaye de nous vendre tout et n’importe quoi. Théo part presque avec une bonne cordée de bouts, Guillaume avec un poncho et Fanny avec une botte de carottes. On erre dans les passages, remplissant nos yeux, nos oreilles et nos narines.

Mais on nous apprend que le marché aux bêtes, que Fanny rêve de voir, se trouve en dehors de la ville. Qu’à cela ne tienne ! On arrête une camionnette pour lui demander si nous pouvons monter avec eux jusqu’au marché. On grimpe sur la plate-forme et nous voilà partis !

Nous arrivons dans un méli-mélo de camionnette, de piétons, de vaches, de lamas, de cochons et de moutons. Il y a même une fanfare pour mettre l’ambiance.
Une fois rentrés, on réalise qu’il y a trois enclos : un pour les vaches, un pour les cochons et un pour les lamas et les moutons. Les acheteurs se pressent autour des troupeaux pour regarder le bétail. On croise des petites mamies vendant leur agneaux et des messieurs tentant de faire rentrer des énormes cochons récalcitrants dans leur camion. Théo part se renseigner du prix d’un lama (100$ pour un jeune) tandis qu’un monsieur un peu alcoolisé s’empare de Fanny, lui pose son chapeau sur la tête et se met à nous déclamer à quel point nous sommes gentils !
On s’extirpe difficilement du monsieur et de la foule pour redescendre dans une camionnette à Saquisili.

Là- bas, on en profite chacun pour faire nos emplettes et s’imprégner encore un peu plus de cette ambiance magique.

En début d’après-midi, on regagne un bus pour Quito et passons la nuit à San Blas, dans l’auberge à terrasse.

Version Quito – Clémence

Je décide de rentrer toute seule à Quito pour retrouver Ganesha, Miguel et tout leurs couchsurfeurs. Alors que je quitte mes trois compagnons, je me rends compte que je n’ai aucune idée de comment rentrer à la capitale. Je vois un groupe de jeunes avec des valises, et je tente ma chance. J’ai de la veine, ces 5 amis Venezuelains (décidément j’en croise beaucoup) se rendent justement au même endroit, ils décident de me prendre sous leur aile. Un grand costaud attrape mon sac-à-dos en bon gentleman et me guide jusqu’au bus. Pendant le trajet, nous échangeons nos casques pour découvrir à quoi ressemble la musique de nos deux pays bien différents.

Nous arrivons à la gare routière, les gars insistent pour m’accompagner le plus près possible de la maison de mes hôtes pour ne pas me faire agresser. Je les quitte quelques minutes plus tard avec gratitude et eux s’inquiétant tout de même que j’arrive saine et sauve.

Je débarque à la porte de la coloc, je n’ai pas pu avoir de Wifi avant alors personne ne sait que je débarque. J’arrive à contacter Ganesha qui m’accueille avec plaisir alors que Anderson me tombe dans les bras ravi. Certains couchsurfeurs sont partis mais de nouveaux sont arrivés : un couple d’Argentine et un argentin dont je semble reconnaître le visage. Mais oui, c’est celui que nous avons rencontré au Lac Quilotoa avec qui nous avons partagé un Maté, le monde est bien petit. Avec Anderson et Joel, nous rassemblons toutes nos victuailles : bonbons, gâteaux, frites… pour regarder le dernier épisode de Game Of Thrones.

Le lendemain j’en profite d’avoir un peu de temps pour traîner et cuisiner avec Ganesha car ce soir là, c’est foot au programme. Un français de Cesson et un polonais se joignent à nous pour la partie : Equateur-USA. Nous sommes plantés devant la Coupe Américaine, chips et galettes de mais au fromage dans les mains.

Le lendemain, on se retrouve tous les quatre dans le centre de Quito. C’est la dernière journée pour les garçons en Equateur et nous profitons avec eux une dernière fois de la vie animée de la capitale.
Nous rejoignons ensuite Conocoto. Adela nous a proposé de passer la dernière nuit chez eux et de nous emmener à l’aéroport pendant la nuit.

Avant d’aller se coucher, on leur cuisine des crêpes pour le dîner !

Réveil à 4h du matin, chargement des sacs dans la voiture et Antonio nous emmène tous les 4 à l’aéroport, pas encore bien réveillés.
Check-in et petite larme pour Fanny et ça y est, les garçons sont déjà partis.

Ne perdons pas le nord, mais suivons la flèche !

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  • Marie Line PAGNOUX dit :

    Émouvant de vous voir dans ces lieux que nous avons de nouveau adoré en famille l’an dernier : cotopaxi, quilotoa (too bad pour le Chimbo) … et Saquisili oú Anaëlle, du haut de ses 1,50 m était presque gênée d’être géante ! Impressionnante la quantité et la variété de ces produits sortis des campagnes alentours. Un marché authentique peu influencé par les touristes qui se seront calé sur le jeudi. On aura des choses à partager lors du débriefing !!! Bravissimo !
    Hasta la proxima !
    ML

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