Jour 226 – Colibris à Yanacocha

De retour sur Quito, Adela nous récupère tous les 4 au terminal de bus.
Elle a proposé de nous emmener passer une journée dans le terrain qu’ils ont à une heure et demie au Nord-Ouest de Quito.

Il y a plusieurs années, Adela et son mari Antonio ont acheté un terrain de plusieurs dizaines d’hectares à Yanacocha.
Cette zone, située dans les montagnes, a été totalement déboisée il y a plusieurs dizaines d’années pour permettre l’élevage bovin. La faune et la flore originelles de la région ont donc été détruites pour laisser place à l’agriculture.
L’objectif d’Adela et d’Antonio est de revaloriser la végétation première de cet endroit en lui laissant reprendre ses droits.
Cette volonté de réintroduction et de protection de la faune et la flore est de plus en plus reconnu en Equateur.
Adela et Antonio ont également le projet de créer une fondation avec des amis pour permettre à des étudiants en sciences de Quito et à des scientifiques de venir faire des recherches et des prélèvements sur leur parcelle.

Mais avant de nous y rendre, nous nous rendons dans la Réserve de Yanacocha.
Au milieu des montagnes et de la brume, nous découvrons la végétation dite du « Bosque Nublado » (forêt nuageuse).
Tout est vert.
Nous déambulons entre les orchidées et des plantes au feuilles géantes de la famille des rhubarbes.

Mais chuuut !
Adela nous montre du doigt un colibri aux reflets bleus et verts. N’étant pas très discrets, il s’envole bien vite au loin.
Après une trentaine de minutes de balade à la recherche d’oiseaux aux plumages étonnants, nous arrivons au Jardin aux Colibris. Et le nom du lieu ne ment pas : des sortes de petits abreuvoirs rouges sont accrochés dans les arbres et attirent des dizaines de colibris. Apparement l’eau sucrée leur plaît tout particulièrement. Et ils sont tous différents : des bleus, des cafés, des grands, des minuscules, … Un a un bec tout petit et un autre un d’une dizaine de centimètres de long ! On découvre même un colibri qui a de petites plumes blanches au-dessus de ses pattes : il semble avoir mis de petites bottines pour sortir manger.
Adela nous apprend à les différencier et nous montre son préféré : le Colibri Saphir.
On reste un bon moment sans bouger, à se régaler du spectacle.
C’est tellement magique de les voir papillonner autour de nous.

(merci à Théo pour les photos des pitits colibris)

On repart sans avoir aperçu le Colibri Zamarito Pechinegro, symbole de Quito mais aussi en voie de disparition…

A travers la piste serpentant entre les champs en pente, Adela nous emmène dans leur terrain.
Encadré par des pâturages, on voit clairement que la végétation ici récupère son territoire.

Le soleil se couche lentement et nous arrivons devant un portail en bois.
Nous descendons tous nos sacs quand on monsieur au loin nous interpelle. Adela nous indique que ce Monsieur (prénommé Wilson) a aperçu tout à l’heure des toucans ! Ni une ni deux, on laisse nos affaires en plan et on le suit. Il en aurait vu quatre ! Des toucans bleus qui, normalement, ne viennent jamais à cette altitude mais vivent plusieurs centaines de mètres plus bas.
Entre deux champs, on marche doucement en faisant le moins de bruit possible. On passe une barrière et tout d’un coup on entend un bruissement : les toucans se trouvaient dans un arbre devant et s’envolent maintenant pour aller passer la nuit en contre-bas !
On aperçoit quelques plumes bleues furtivement. Peut être demain reviendront-ils ?
En tous cas, on profite pleinement du début de coucher de soleil sur les montagnes autour qui se teintent de rose et de bleu.

De retour à nos sacs, on monte un petit sentier jusqu’à arriver à une cabane en bois toute mignonnette qui surplombe la vallée.
Adela nous fait le tour du propriétaire : ce n’est pas bien grand mais très optimisé et très agréable. D’ailleurs un feu de bois est déjà allumé dans la cheminée. Wilson, qui s’occupe du terrain quand Adela et Antonio ne sont pas là, l’alimente depuis l’après-midi. Et on comprend vite son utilité quand on accompagne Adela à la porte : la nuit tombée il fait un froid de canard ici !
Adela nous laisse la cabane pour retourner à Quito passer la nuit.

Pendant que Guillaume installe son hamac fraîchement acheté devant la cabane, Théo se met aux fourneaux et Clémence et Fanny s’occupent de mettre la musique et l’ambiance. C’est parti pour du Buena Vista Social Club.
Avec le feu, le risotto aux champignons et les thés de coca, il fait vite très chaud ici !
On sort quelques minutes pour se refroidir, mais surtout pour faire découvrir aux garçons la voûte étoilée de l’hémisphère sud.

On file vite ensuite dans les combles de l’étage, où sont installés des matelas, pour se réfugier dans nos duvets et s’endormir.
C’est que nous sommes attendus tôt au petit matin !

A 5h du matin, Théo, Guillaume et Fanny sortent de leur duvet, descendent à pas de loups l’escalier, s’arment de bottes en caoutchouc, de bonnets, de pulls et d’une thermos de thé, et sortent de la cabane. On se dirige bien vite en haut des champs, sur une crête.
Ici, on attend le début du spectacle.
Et il ne se fait pas attendre : le soleil commence déjà à montrer le bout de son nez et à illuminer les vallées et les chaînes montagneuses. Entre les nuages, les montagnes violettes semblent flotter dans une mer de coton. Les champs s’éclairent et les premiers coqs se mettent à chanter.

On rentre pour prendre un petit déjeuner et se préparer pour 8h : Wilson nous a proposé la veille de nous montrer le terrain.

Bottes aux pieds, on s’engage avec lui dans les petits sentiers qui serpentent dans les herbes.
Il nous montre les endroits où ils ont replanté des arbres et nous indique les oiseaux qui reviennent s’alimenter ici. On voit d’ailleurs, s’envoler devant nous, une grosse chouette que nos bruits ont réveillée.

Au sommet du terrain, on découvre le Pichincha : le sommet qui culmine Quito à 4800m.
Ici se trouve aussi une grosse pierre qui sert de repère à l’Institut Géographique Militaire.

De retour à la cabane, il faut déjà préparer nos sacs pour repartir. Adela vient nous rechercher.
Après des aux-revoirs à Wilson et à la cabane, on redescend le sentier jusqu’à la voiture.
C’est à ce moment que Fanny a la bonne idée de tomber dans un trou sur le bord du chemin. Après un « crac » de sa cheville gauche, elle se rend compte que la descente va être un peu compliquée. Et voilà que ça gonfle ! Wilson la fait tout de suite assoir et lui effectue une efficace séance de kiné dans l’herbe.
La cheville chauffée et les sacs chargés, on repart tous en voiture pour la suite du périple.

Ne perdons pas le nord, mais suivons la flèche !

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