Jour 224 – Au centre du Monde

Après 4 jours et nuits de trajet et plus de 11 véhicules différents (voitures, van, car…) ainsi qu’une frontière traversée, nous voilà arrivées en Equateur, à Quito la capitale.

Il est 7h du matin quand nous débarquons dans l’énorme gare routière située en bordure de ville.
Le bâtiment ressemble davantage à un aéroport qu’à une station de bus. Nous engloutissons un repas chaud et allons nous poster au centre d’informations pour attendre Antonio, qui doit venir nous chercher. Nous sommes assises sur un banc quand un petit groupe de lycéens équatoriens en uniformes se rapproche de nous. Ils nous accostent pour nous demander de participer à un projet de classe : une interview en anglais et filmée. Nous faisons face tour à tour à la caméra (pour une fois que c’est dans ce sens là) afin de répondre à des questions du type : « Que préférez vous de la culture en Equateur ? ». Nous avons beau leur expliquer que nous ne sommes dans le pays que depuis quelques minutes, rien n’y fait, nous improvisons.

Trente minutes plus tard, nous faisons la connaissance d’Antonio Paez. Lui et sa femme sont des amis de Marie-Line, une amie de la Maman de Fanny. Ils ont généreusement offert de nous héberger pendant notre séjour dans la capitale.
Nous nous rendons en fait à Conocoto : une ville de la banlieue-sud de Quito. Nous arrivons dans un résidence privée et posons nos sacs poussiéreux et dégoutants dans la grande demeure où nous élisons domicile. La maison est magnifique et très chaleureuse avec ces poutres en bois au plafond. Nous rencontrons aussitôt Adela, la femme d’Antonio, puis Dani et Gabi leurs deux filles âgées de 19 et 22 ans. Toute la famille ou presque (à l’exception des chiens et du chat) parle couramment français, ce qui est très pratique pour Clémence qui patauge toujours un peu avec l’espagnol.

Après un bon repas, nous profitons de la journée pour travailler et nous reposer. Le lendemain nous attend une surprise…

Le lendemain soir, Adela accepte de nous accompagner à minuit à l’aéroport pour récupérer deux bagages : Guillaume, l’amoureux de Fanny, et Théo, le directeur technique du projet. Tous deux ont pris deux semaines de vacances pour nous rejoindre en Equateur.

Après de chaleureuses retrouvailles, nous rentrons à la maison pour que les garçons récupèrent du décalage horaire, Guillaume de sa première fois en avion et Théo du mal des transports.

Dimanche matin, nous quittons la famille Paez-Espinoza pour rejoindre le centre historique de la capitale. Alors que Guillaume et Fanny rejoignent une auberge, Clémence et Théo partent direction le nord de la ville pour rencontrer leurs hôtes couchsurfing.

Version Clémence et Théo :

Nous prenons trois bus différents pour nous rendre au Parc des Anglais. Nous nous sommes un peu perdus dans ce réseau de bus très étrange où ce qu’on appelle le « métro » est aussi un bus.

Nous retrouvons l’adresse que nous avons reçu de Ganesha, notre contact couchsurfing, mais malheureusement nous nous retrouvons devant la porte d’une petite cour sans sonnette ou interphone. Je décide d’aller demander à la boutique d’à côté pour utiliser leur téléphone.
Ganesha nous ouvre la porte en nous expliquant qu’en effet, pour pouvoir rentrer à l’appart, il faut soit mettre son téléphone à travers la porte pour essayer de capter la Wifi, soit l’appeler (pratique pour nous qui n’avons pas de téléphone local).

Nous entrons dans un deux pièces où sont installés sur le sol plusieurs tapis de sol et beaucoup de sacs-à-doc. Ganesha et Miguel, originaire du Venezuela, accueillent tous les couchsurfeurs qui passent par là. Et apparement ce soir là nous sommes huit à dormir dans le salon/salle à manger/cuisine. Nous faisons connaissance avec toute la bande : quatre vénézuéliens, deux colombiens, deux chiliens, un polonais et nous. Nous décidons de cuisiner des crêpes pour toute la tribu le soir même, après un passage au parc au coucher du soleil. Ici, l’ambiance c’est un peu auberge espagnole. On cuisine pour tout le monde, tu choisis le coin de carrelage ou tu veux poser tes cartons pour dormir et ça joue de la musique toute la journée.

Après une soirée bien remplie, nous nous couchons au milieu de tous ces voyageurs du monde entier.

Version Fanny et Guillaume :

Adela nous dépose dans le centre ville de Quito dans lequel nous avions repéré une auberge de jeunesse. Nous logeons en fait quand le petit quartier de San Blas qui s’étend sur le flanc de la colline, au dessus du centre historique. Les maisons ici sont toutes colorées et sur plusieurs étages. Notre auberge ne fait pas exception à la règle : depuis la cuisine-terrasse on peut observer toute la ville et les montagnes autour.

Après un thé Horchata-Miel, Fanny décide Guillaume pour aller déguster son premier vrai repas sud-américain dans un petit restaurant. Au menu ce soir pour 2$ : Sopa de Papas (soupe de pommes de terre) et Seco de Pollo (du poulet servi avec riz, pommes de terre, lentilles et salade). Il louche un peu sur les plats, espérant que ce ne soit pas cette petite feuille de salade qui lui apportera la tourista.

Le lendemain, nous nous retrouvons tous pour un petit tour de la ville. Nous montons en haut de plusieurs collines pour avoir un point de vue sur la ville et enchaînons les petites places et les églises. Le midi, nous allons au marché pour nous régaler des mets locaux et de jus de fruits frais. Nous en profitons pour élaborer notre plan pour les jours à venir. Nous finissons la journée dans un parc sur les hauteurs de la ville.

Au matin suivant, nous prenons le bus pour la Mitad del Mundo, ou le point zéro degré sur l’Equateur.

Nous avons décidé, sur les conseils d’Adela, de nous rendre à un point bien moins touristique que celui de la fameuse photo où tu mets un pieds de chaque côté de la ligne (qui en plus n’est pas vraiment sur l’Equateur).

Nous débarquons donc au milieu de nulle part. Là, devant un restaurant vide, se trouve une pierre à demi-effacée où nous pouvons lire : « Point 0 ». Quelque peu déçus, nous décidons tout de même de nous adresser à des locaux pour savoir s’il s’agit bien de cela. Nous découvrons en fait qu’à deux pas se trouve un site scientifique où est expliqué toute l’histoire de la ligne équatoriale.

Nous payons 2 dollars pour rentrer sur le site et être accompagnés d’un guide. Celui-ci commence par nous conter toute l’histoire des tribus pré-incas et de leur connaissance des saisons grâce à l’étude des astres. Nous sommes assis devant lui, écoutant ses histoires de cadrans solaires, d’étoiles et de cycle solaire. Il nous raconte que, sans forcément avoir conscience d’être au milieu des hémisphères, les pré-incas avaient bien compris que l’endroit où ils se trouvaient était particulier. Grâce à des points de repères, comme un sommet de montagne ou une vallée, et à l’emplacement du levée de soleil, ils repéraient les différents moments de l’année.

Au bout d’une heure, c’est déjà la fin.

Notre guide Manuel, un jeune équatorien, commence à discuter avec nous de la France, des études… avant de nous proposer de dormir ce soir dans sa famille qui habite à deux pas. Apparement, ils possèdent des lits qu’ils prêtent à des étudiants scientifiques qui viennent ici pour faire des recherches. Un peu hésitants, il nous rassure et nous acceptons. Son oncle vient nous chercher en voiture pour nous amener à 5 minutes de là dans la communauté de Manuel où habite toute sa famille. Nous sommes accueillis par sa mère qui nous présente les lits ou nous dormirons dans une petite cabane rudimentaire.

Nous prenons ensuite la route pour Otavalo, afin de faire le tour de cette ville-marché.
Comme à notre habitude, nous allons manger au marché couvert avant d’aller découvrir sous la pluie l’artisanat local.
Nous arrivons un peu tard et nous sommes presque les seuls à nous balader entre les étals. Comme d’habitude, on se fait alpaguer par les vendeurs dès qu’on ose s’approcher d’un objet. On découvre les produits typiques de la région d’Otavalo, qui est notamment reconnue pour ses broderies.

Le soir, nous rentrons chez Manuel. Il n’est pas encore là mais en revanche il y a sa femme, son oncle, son cousin et sa mère. Nous nous mettons à cuisiner. Sa mère commence à faire un feu de bois sous les étoiles et plonge dans les flammes une grande marmite de pommes de terres. A côté, nous nous servons de la cuisine pour faire chauffer des pâtes.
La nuit est tombée et nous partageons le repas avec tous les membres de la famille de Manuel qui sont tous très accueillants. Les garçons en profiteront pour perfectionner leur espagnol avec ces locaux purs et durs avant que nous n’allions tous nous coucher sous nos moustiquaires respectives.

Ne perdons pas le nord, mais suivons la flèche !

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  • Marie-Line dit :

    Sympa ces repas dans les marchés : légumes frais garantis !
    Je suis toujours admirative de la chevelure des Otavalos, les femmes comme les hommes ! … vous saurez maintenant les reconnaitre dans le métro ou sur les marchés ! de grands commerçants !
    Bravo encore pour votre énergie
    A+ ML

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