Jour 210 – Ensablées

Nous sommes de retour à Cusco après notre escapade au Machu Picchu.
Nous décidons de prendre la journée pour faire un petit tour à Pisaq, à une heure de la ville.
Niché au milieu des montagnes, ce petit village est surtout réputé pour ces grands marchés touristiques. Mais avant de commencer à faire notre shopping, nous nous rendons tous les quatre au marché couvert pour nous remplir la panse avec de délicieuses assiettes de nourritures locales.

C’est parti !
Nous commençons à déambuler à travers les rues pavées, en admirant tous les produits locaux étalés devant nos yeux. Il n’y a pas grand monde, ce qui pousse les vendeurs à nous alpaguer avec des prix cassés. Nous n’avons même pas besoin de négocier, à voir nos têtes hésitantes, on nous fait les produits à moitié prix. Chacun déambule dans ce labyrinthe d’étales jusqu’à s’y perdre : instruments de musique, ponchos, chapeaux, babioles,… Robin résiste à tout et c’est le seul qui ne craque pas à l’envie de dépenser ses soles (la monnaie au Pérou). C’est d’ailleurs lui qui nous sortira un par un du marché afin de nous éviter bien des folies.

Après plus de 2 heures de shopping, nous sommes de retour à Cusco pour préparer notre départ du lendemain.

Et voilà le jour est arrivé où nous devons quitter nos deux compagnons de voyage pour continuer notre route, chacun de notre côté.
Un dernier regard en arrière pour voir ces deux grands garçons pleurer à chaudes larmes notre départ et nous voilà dans un bus direction la gare routière. Nous sommes parties en avance afin de pouvoir marchander notre billet de bus. Ici, comme en Bolivie, on peut faire baisser les prix assez vite à condition de faire jouer la concurrence.

Nous faisons le tour des agences : 120 soles, 95, 70, 60… Après dix compagnies différentes, un homme nous brade ses tickets à 55 soles chacune. Par contre, il faut attendre 2h30 avant de prendre le bus. Qu’à cela ne tienne. Nous voila confortablement installées dans des sièges très inconfortables, vacant chacune à nos occupations : lire, écouter de la musique, dormir les yeux ouverts (pour ne pas se faire dépouiller), chanter ou jouer de la flûte.

Nous embarquons à 17h30 pour 17h de car. Courage !
Ca sent les pieds à l’intérieur mais bon on va dire que la télé fait passer l’odeur. Nous nous endormons bien vite, fatiguées des émotions liées aux adieux. Enfin, ça c’est ce qu’on croit car la route qui mène à Ica passe par des chemins de montagnes sinueux. C’est donc glissant d’un bout à l’autre de notre siège que nous essayons de trouver le sommeil, tout en rattrapant avec nos jambes nos sacs qui menacent de s’échapper.

Au lever du jour, nous pouvons admirer les paysages que nous traversons : d’immenses déserts de sables avec de grandes dunes à l’horizon. Nous sommes déposées à Ica vers 10h. Mais ce n’est pas dans cette grande ville que nous passerons la nuit. Accompagnées d’un Suisse et d’une Libanaise, nous prenons un « collectivo » (un taxi) pour Huaca China , une oasis au milieu du désert à une dizaine de minutes de là.

Nous sommes déposées en plein milieu du village touristique où se battent les rabatteurs de tours et d’auberges. Nous trouvons le logis le moins cher mais sans cuisine (ce sera sandwich de thon au dîner). A peine installées, nous décidons de visiter un peu le lieu. Le tour est vite fait mais l’endroit est charmant. Des palmiers, un petit lac, des terrasses de restaurants servant de la bière fraîche hors de prix, le tout entouré d’immenses dunes de sables.

En parlant de dunes, ça donne envie de faire un peu de sandboarding tout ça !
Ni une, ni deux, nous empruntons les planches de l’auberge qui se veulent quelques peu simplistes (une planche de bois avec des scratch). Espérons que nous n’ayons pas d’entorses. Comme nous n’avons pas envie de mettre de l’argent pour acheter l’un de ses tours où tu traverses les dunes sur une jeep un peu arrondie et qui te monte toi et ta planche en haut des dunes, nous devons marcher. Allons-y ! Une, deux, une, deux, une, deux… Okay peut-être qu’on fera qu’une seule descente. Nous arrivons au bout de quelques minutes tout en haut. Pas évident comme montée.

Nous profitons de la vue quelques minutes avant d’entamer la descente. De la haut, on peut observer la petite oasis coincée au milieu des dunes de sable avec le soleil qui commence sa descente. Nous glissons sur le sable… pendant 5 secondes avant d’être arrêtées par la tonne de sable qui ne veut pas se laisser surfer. Bredouilles, nous rentrons à l’auberge glaces à la main pour un peu de réconfort.

Le lendemain, nous enchaînons direction Paracas.
Nous récupérons un Tuc-Tuc pour rejoindre Ica puis un bus. A notre descente du véhicule, l’odeur de poisson nous prend le nez. Oh que c’est bon de sentir l’océan. Paracas est une ville côtière possédant un énorme parc naturel avec de grandes falaises jaunâtres d’où l’on peut voir les vagues se fracasser.

Nous allons poser nos sacs à l’auberge avant de dire au propriétaire que nous nous rendons à pied au parc naturel. Celui-ci nous répond tout de suite qu’il est impossible d’y aller à pied : le parc se trouve déjà à plusieurs kilomètres de là et est bien trop grand pour être visiter à pied. De plus le chemin pour s’y rendre se trouve au milieu du désert.

Nous ne voulons pas louer une voiture, un vélo ou un bateau pour nous y rendre. Nous décidons donc, malgré tout, d’y aller à pied en tentant le stop. Sur la route qui sort de la ville, nous commençons à marcher en faisant signe aux quelques véhicules qui passent. Au bout de quelques minutes, c’est un gros camion qui s’arrête pour nous conduire jusqu’au parc. L’homme au volant approvisionne le musée du parc. Nous passons donc l’entrée du parc sans nous arrêter, et donc sans payer, tandis que notre chauffeur fonce sur les routes ensablées. Il nous dépose dans une montée, continuant son chemin pour une autre direction.

Nous avons bien avancé mais nous ne savons pas vraiment où nous sommes. Nous continuons à monter la pente quand une petite camionnette débarque en pétaradant. Elle ralentit et nous voyons débarquer deux vieux pêcheurs qui nous font monter à bord du petit véhicule. Nous avons du mal à redémarrer dans la montée, surtout que la petite camionnette, tout comme ses conducteurs a déjà de l’âge. Nous sommes installées à l’arrière avec les filets de pêche et les caisses pour poissons. Tout tremble dans l’habitacle tandis que nous nous frayons notre chemin sur le chemin de terre. Il semble qu’à tout moment ce petit bout de ferraille sur roues va tomber en pièces. Ces deux pêcheurs sont très curieux et posent beaucoup de questions.

Nous quittons nos chauffeurs dans un petit port de pêche d’où nous pouvons observer les grandes falaises au loin. Nous nous rendons au bord de l’eau pour effectuer un petit bain dans le Pacifique. L’eau est froide et surtout pleine d’oursins.

Après ça nous cherchons un petit coin pour gouter au célèbre céviché de poisson. Mais ici, les restaurants sont plutôt chics et l’assiette a un coût. Nous attendrons de revenir à Paracas pour trouver des plats moins chers. En marchant au milieu des pêcheurs qui déchargent leur cargaison, nous découvrons un groupe de pélicans guettant le retour de pêche. Avec leur grand bec, ils se disputent les quelques poissons qu’un pêcheur sur un bateau s’amuse à leur envoyer.

Nous décidons vite de retourner en ville, au cas où nous ne trouvions pas de véhicule pour le retour. Mais en fait, nous avons de la chance, après quelques secondes, le premier 4×4 qui passe nous conduit jusqu’a Paracas. Là bas, nous nous rafraichissons avant d’aller manger au restaurant en face de la mer. Ici c’est 4 euros l’énorme plat de Céviché pour deux. Fanny se régale mais Clémence a plus de mal avec ce plat très citronné. Il s’agit en fait de différents poissons, de coquilles Saint-Jacques et de calamars, émincés très finement et servis avec citron et oignons.

Nous finissons notre passage sur la côte avec une ballade au soleil couchant sur le port avant de regagner notre auberge et de préparer notre départ du lendemain.

Ne perdons pas le nord, mais suivons la flèche !

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