Jour 191 – A la Cantine !

6h30.
Pas le temps de faire une grasse mat’.
Il faut rassembler ses affaires pour prendre de nouveau la route.

Nous avons décidé d’aller à Sucre (prononcer « sucré »), la capitale constitutionnelle de la Bolivie, mais en évitant les bus de touristes. Nous avons entendu parler d’un bus sur rail qui fait Potosi-Sucre en 8h (au lieu de 4h en bus). Et apparement, les paysages vallent le détour.

Nous préparons silencieusement nos sacs en laissant Liam dormir. Il a décidé de rester plus longtemps dans la ville minière. Enfin c’est surtout parce-qu’il est revenu à 5h du matin après une soirée bien arrosée…
Nous refermons donc la porte sur un gallois parlant dans son sommeil.

Tous les 4, nous nous rendons à la gare pour aller acheter nos tickets. Mais avant de partir, il nous faut de la nourriture et de l’eau. Nous n’allons jamais tenir 8h sans rien avaler. Clémence et Alex partent à la recherche de subsistance.

C’est en parcourant les rues vides que nous nous rendons compte que tout est fermé. Il est bien trop tôt pour qu’un vendeur pointe le bout de son nez. 15 minutes avant le départ du bus, les magasins commencent à ouvrir : enfin ! Juste le temps d’acheter quelques provisions et nous voila courant dans les rues maintenant bondées de monde pour ne pas louper notre transport.

Il est là à nous attendre ce joli bus jaune canari posé sur rails.
Ce « bus-carril » a été mis en circulation depuis quelques années sur les rails d’un ancien chemin de fer. Il permet de desservir une fois tous les 2 jours des villages et des maisons inaccessibles depuis les routes.

Les passagers se pressent sur le quai embrumé pour avoir une place.
Les femmes coiffées de chapeaux et chargées de paniers de nourritures montent à bord, accompagnées de leurs maris. Nous sommes les seuls touristes dans le bus.

Nous démarrons tranquillement notre périple en suivant tout d’abord la route principale, puis en coupant à travers les montagnes. La vue est splendide. Nous traversons sur les hauteurs des forêts et des champs. Le bus s’arrête à chaque petit village ou à chaque fois que quelqu’un se trouve sur le bas-côté.
Les chiens nous suivent en aboyant après cet étrange bus sur rails et le klaxon réveille les vaches et leurs veaux broutant sur la voie.

A la moitié du chemin, le bus s’arrête pour une quinzaine de minutes. Des vendeurs sur le quai de gare improvisé vendent de délicieuses patates farcies aux légumes et à la viande pour 15 centimes seulement (on se demande juste de quel genre de viande il s’agit) et du jus servi en pochette plastique.

Plus tard, ce seront les chauffeurs qui s’arrêteront pour se prendre en photo avec le Bus-Carril à la sortie d’un vieux tunnel. Après les avoir pris en photo, nous en profiterons pour faire de même.

Nous arrivons plus vite que prévu aux abords de Sucre.
Il faut réveiller tout le monde. Enfin surtout Robin qui a piqué du nez pendant une grosse partie du voyage.
Après avoir monté une énorme colline et deux escaliers interminables, nous voilà installés dans notre auberge, couverts de sueur (pour changer).

Le soir, un voyageur que nous avions croisé à Atacama et qui se trouve à notre auberge nous conseille un petit restaurant à deux pas de notre logis.
C’est en fait une espèce de petit restaurant/fast-food en plein air.
Au menu : hamburger/saucisses/frites pour 1 euro. J’adore la Bolivie !!
Fanny commande un hamburger « sans viande ». Après un rapide échange de regards interloqués entre la serveuse et la cuisinière, celle-ci lui sert son « hamburger végétarien » : une assiette de frites.

Le lendemain nous décidons d’aller faire un tour dans le quartier de Recoleta et de monter la colline de Churuquella. Ce petit mont au nombre de marches infini sera notre entrainement pour le Machu Picchu. Après 4 pauses et une bonne heure de marche, nous voilà à 2 971 m d’altitude. Un grand Christ au dessus d’un autel est édifié tout en haut, et la vue qui surplombe la ville est splendide. A en croire les traces de feu et les bouteilles d’alcool qui sont éparpillés un peu partout, de nombreux rituels et offrandes doivent avoir lieu par ici.

Après que Robin ait essayé héroïquement de sauver la forêt de Sucre en urinant sur un feu mal éteint, nous redescendons tranquillement. Nous nous arrêtons dans un bâtiment officiel, le vigile nous ayant proposé d’entrer dans cette infrastructure aux airs de maison turque. Après avoir monté un escalier de bois chacun notre tour (celui-ci étant très fragile) nous pouvons goûter à la vue depuis la terrasse sur les places de la ville.

Robin nous quitte avant midi, souffrant depuis notre séjour à Potosi. C’est ainsi qu’avec Alex, nous nous dirigeons vers le marché couvert, pour déguster un bon repas.

Nous traversons les étalages de fruits, légumes, viandes, poissons, pains et autres mets, pour trouver, ce que nous appellerons, la Cantine.

A l’étage, nous nous retrouvons devant une vingtaine de tables apprêtées derrière lesquelles sont installées de petites cuisines. Tout d’un coup, en nous voyant arriver avec nos têtes de Gringos, toutes les cuisinières débarquent devant nous en essayant de nous faire assoir à leur table. Certaines sont cordiales quand d’autres nous crient dans les oreilles que leur menu est le moins cher. En réalité, les menus sont les mêmes et les prix aussi. Nous choisissons une petite dame plus calme et où il y a de la place pour manger. Nous prenons tous un menu. C’est soupe de pâtes suivi d’un plat typique au choix. Les quantités sont énormes et c’est succulent ! Tout ça pour 1,20 euros par personne.
En dégustant de bons petits plats, nous passons notre après-midi à table à refaire le monde.

Le soir nous ouvrons une bouteille de vin que nous avait offert Liam pour notre départ de Potosi et buvons en son honneur avant d’aller faire un tour au bar irlandais du coin, toujours pour célébrer notre rencontre avec ce gallois des plus amical.

Le lendemain, nous faisons découvrir à Robin la Cantine du marché. Une bonne excuse pour gouter de nouveaux plats ! Puis nous faisons nos sacs et disons au revoir aux garçons pour la troisième fois depuis notre rencontre car ceux-ci empruntent un autre itinéraire que nous.

Nous passons devant le restaurant/fast-food où nous avions mangé nos deux dîners à Sucre et toutes les serveuses nous souhaitent un bon voyage, comme si nous étions des habituées installées depuis 10 ans, sur le point de partir.

Ne perdons pas le nord, mais suivons la flèche !

Join the discussion One Comment

  • Marie-Line dit :

    Génial cet Auto-ferro de Potosi à Sucre !
    Heureuse de voir que vous vous êtes rapidement réconciliées avec la Bolivie… et pas seulement pour les prix !
    Vous y avez surement vécu les moments les plus « roots » de votre périple.
    Je vous sais déjà beaucoup plus loin … mais ai cependant hâte de voir vos images de La Paz, Isla del Sol, Cuzco ….
    Que d’images et de rencontres allez vous rapporter de ce périple …
    Bises Franciliennes sans les pieds dans l’eau pour nous (mais pas loin) ML & family

Leave a Reply