Jour 187 – Touristes

Nous voilà partis pour 3 jours d’aventures dans un 4×4 avec un chauffeur/cuistot/guide/Dj et 6 personnes venues du monde entier, enfin presque…

En fait, c’est en recherchant sur internet que nous nous sommes rendues compte qu’il est très compliqué de rejoindre Uyuni en Bolivie sans passer pas une agence et un tour. Alors on s’est dit : faisons nous plaisir, jouons les « vraies touristes » pour un trek de 3 jours en 4×4 privé.

On veut jouer les vraies touristes c’est vrai mais pas les pigeons ! Faut pas déconner quand même ! Alors nous voilà faisant le tour de toutes les agences de la ville, un calepin à la main pour comparer prix/prestations. Et surtout, négocier notre tour. Après une bonne heure de prises d’informations, nous nous laissons tenter par l’agence Sol Andino (qui nous avait été recommandée par Georges l’Irlandais de Valparaiso) et en plus le vendeur nous a fait 20 000 pesos de rabais (27 euros par personne). Alors on dit oui !

Trois jours avant de prendre la route, nous embarquons dans l’aventure Alexandre et Robin (les deux français rencontrés à Valparaiso et revus à Mendoza ; oui le monde est petit et surtout tous les voyageurs font exactement le même itinéraire). Nous venons avec eux pour réserver afin qu’ils obtiennent le même tarif que nous.

Le vendredi matin, c’est le grand départ.
Levées à 6h, on prépare nos sacs pour lever le camp accompagnées de notre bouteille d’eau de 6 litres, car en Bolivie pas question de boire l’eau du robinet à moins de vouloir attraper la tourista…

Une voiture vient nous chercher au camping après le lever de soleil pour nous amener à la frontière chilienne. Là, on retrouve notre minibus qui doit nous amener à la frontière bolivienne. On y retrouve également Alexandre, Robin, Stéphanie, une québécoise de Montréal, et Liam, un géologue de 37 ans en provenance du Pays de Galles mais vivant en Australie (ça suit toujours ?).

A la frontière Bolivienne, c’est la folie. Des 4×4 de partout, et des dizaines de touristes se préparent à embarquer. Il s’agit de toutes les compagnies différentes de trek pour Uyuni. Entre ceux qui partent et ceux qui reviennent, c’est un joyeux bordel !
Pour nous, c’est l’heure du petit déjeuner. Le conducteur du minibus nous dresse toute une table : bananes, sandwichs, cake, café, thé… On est servi comme des princes.
Pour tous les six qui sommes les rois de la débrouille, des pates/ketchup, riz/ketchup et des « free food », nous avons du mal à réaliser que nous avons tout ça rien que pour nous. Nous décidons de tout dévorer. Pas de gâchis.
A peine terminé, notre 4×4 arrive. Notre chauffeur, Diego, se présente à tout le monde par une accolade. C’est un gros nounours qui à l’air d’être de bonne compagnie. Puis nous montons tous les sacs sur le toit du véhicule avant d’embarquer.

Nous traversons les plaines désertiques à 4 500 mètres. Nous ne roulons même pas sur de vraies routes mais plutôt sur des pistes esquissées. Chaque 4×4 prend le chemin qui lui plaît. La poussière vole de tous les côtés.

Premier arrêt : le Lagon Blanc. Diego nous a trouvé un petit coin sans touristes. Il commence son explication de guide. Perché entre les montagnes enneigées, le lac est coloré et … gelé ! Alors qu’une compétition de ricochés débute entre Diego et tous les membres de la troupe, Clémence glisse en essayant de relever le challenge, et s’écrase contre les graviers et la glace.

Après un « Jésus flottant sur l’eau » nous continuons notre chemin vers le Lagon Vert. C’est un lagon que nous verrons de loin car il est infesté d’arsenic.
Puis c’est le désert de Dali : un désert à côté d’une montagne avec d’énormes pierres se dressant tels des menhirs semblant s’être déposés là après une éruption volcanique. Ici les volcans sont seulement endormis.
Nous sommes bien décidés à aller voir les pierres d’un peu plus près. Alors que nous commençons à marcher, nous nous rendons compte que les pierres sont très éloignées et que l’altitude nous essouffle assez vite. Pauvre Diego qui nous attend. Il est tombé sur les seuls touristes qui se mettent à se faire des escapades alors que nous sommes supposés remonter dans la voiture après avoir pris nos photos (comme de bons touristes).

La prochaine étape ce sont les thermes d’eaux chaudes de Polque. Nous arrivons à côté d’un bassin où s’amassent une dizaine de touristes en maillot de bain et peignoir.
Pour rentrer, il faudra enlever la dizaine de couches de vêtements que nous avons sur nous. C’est qu’il fait super froid à plus de 4 000 mètres d’altitude !
Ooooh, l’eau est bien chaude ! Apparemment, il ne faut pas rester plus de 15 minutes dans l’eau car avec l’altitude nous pouvons faire un malaise.

Après avoir pataugé une dizaine de minutes, les 6 petits compagnons reprennent la route pour monter à 5 000 mètres d’altitude (l’équivalent du Mont-Blanc) pour rejoindre les Geysers.
A peine la voiture immobilisée, nous observons des trous dans le sol qui laissent sortir une fumée blanche opaque et puis faut le dire … une odeur d’oeuf pourri. Avec l’altitude, notre corps ne suit pas trop le rythme et nous laisse une impression d’être un peu saoule. C’est donc comme ça que Clémence et Alexandre partent dans un fou rire au ralenti sans raison apparente. En fait c’est l’odeur du soufre que nous ressentons. Nous sortons de la voiture impressionnées par ces différents trous dans la terre, parfois très profonds, qui laissent s’échapper soit de la fumée, soit une forme de boue (marron, blanche ou beige) soit un bruit de sifflement, comme si le gaz allait s’échapper d’une seconde à l’autre. Il faut faire attention quand nous traversons les différents trous de ne pas marcher sur une plaque prête à rejaillir son souffle (comme dans l’Age de Glace) ou de ne pas se prendre des éclaboussures de boues brûlantes. Apparemment, il y a un mois, une jeune femme est tombée dans un trou en faisant un selfie, de quoi nous refroidir quelque peu…

Pas de chance, alors que Clémence s’apprête à filmer à la GoPro, Alexandre lançant un caillou dans la boue pour immortaliser la réaction, fait jaillir un éclat sur sa jambe (sans conséquences dramatiques, rassurez-vous). Alexandre se rendra compte bien vite que lui aussi en a plein son pantalon.

Après cet impressionnant spectacle, nous roulons jusqu’à notre dernière destination de la journée. Nous arrivons près d’un bâtiment qui sera notre logis pour la nuit. Nous mangeons un délicieux repas préparé par notre cuistot Diego avant d’aller découvrir la Laguna Colorado qui se trouve juste à côté, accompagnés de nos feuilles de coca (qu’il faut mâchouiller pour mieux respirer en altitude). C’est un immense lagon peuplé de flamants roses magnifiques qui s’étend devant nous. Il est par contre formellement interdit de les approcher de trop près, mais nous avons quand même le loisir de les observer depuis une colline. Il y a même un musée sur les flamants roses pour découvrir des oeufs, des crânes et autres objets loufoques. Mais avant le gardien insiste pour qu’on s’enregistre, c’est comme ça que Stéphanie a la brillante idée de se présenter comme la grande et l’unique Céline Dion. On attend de voir ce soir ce qu’elle vaut sur « My heart will go on ».

Le vent se lève, marcher jusqu’au point de vue n’est l’histoire que de quinze minutes mais nous sommes tout de même éreintés par le manque de globules rouges dans le sang.
Diego nous a préparé une surprise : un goûter pour nous requinquer. Thé, café et petits gâteaux sont de la partie.

Après une sieste il est l’heure de dîner : il est 19h.
Décidément, on commence à se dire que ce genre d’excursion est vraiment fait pour les personnes plus âgées et habituées au confort. Liam ramène une bonne bouteille de vin pour compléter le repas. Après c’est soirée « Président », un jeu de cartes que nous apprécions particulièrement.
Avant de se coucher, nous décidons d’aller jeter un oeil sur les étoiles et la voie lactée toujours visible depuis l’endroit où nous sommes. Mais pas trop longtemps. On gèle ici quand même. Une petite bataille d’oreiller de 30 secondes entre Clémence et Alexandre met fin à la journée. Décidément l’altitude ça fatigue. Il est 20h30.

Le lendemain, nous allons découvrir un musée de rochers sculptés par le temps et les vents. Certains ressemblent à des arbres ou à de petites maisons. Nous avons grand plaisir à essayer d’escalader ces roches aux formes démentielles.

Nous faisons route pendant de nombreuses heures à travers les dunes de sables, les déserts, les lacs et apprécions de rencontrer sur notre chemin des lamas aux pompons très colorés.

Mais voilà que nous tombons en panne au milieu d’une route désertique. Nous venons de crever. Diego à l’air tout stressé alors que nous la situation nous fait bien rire. Il faut dire que notre cric pour remonter la voiture et changer la roue est complètement hors d’usage.
Alors que les hommes se mettent déjà au travail pour fixer le problème en essayant de débloquer le cric, les femmes tentent d’arrêter les voitures sans succès. Apparement, la concurrence sur ce genre de tour est rude et toutes les compagnies venant de Bolivie n’ont pas l’intention de s’arrêter pour nous venir en aide.
Qu’à cela ne tienne : des collègues de Diego en charge d’autres voitures s’arrêtent pour nous prêter main forte. En quelques minutes, nous revoilà sur la route.

A peine quelques minutes plus tard, nous nous arrêtons pour une pause déjeuner. Alors que Diego dresse la table, nous voilà partis jouer les aventuriers dans une forêt de rochers en formes d’oiseaux et d’animaux. C’est le parfait terrain de jeu pour des enfants comme nous.
Pendant l’espace d’un instant, nous avons à nouveaux dix ans et nous créons chacun de notre côté notre royaume. Mais avant que des guerres de territoires n’éclatent, un « A TAAAABLE » retentit en espagnol. Les estomacs ont la priorité. Diego nous a préparé un vrai repas avec pleins de plats différents. Il faut juste faire attention aux rafales de sables qui risquent de rendre le plat un poil plus croustillant.

Nous arrivons le soir dans un hôtel entièrement composé de sel. Les murs, les lits, les tables, les chaises, le sol… tout ! Nous pouvons saler nos pâtes à l’aide de n’importe quelle partie du mobilier. Après un coucher de soleil sur le désert de sel depuis une colline aux cactus, nous voilà dégustant un parfait poulet/ frites avec une bonne bouteille de vin offerte par notre Diego. Nous nous couchons des rêves salés plein la tête.

Pour notre dernier jour de Trek, c’est lever à 5h du matin.
Nous voulons à tout prix observer le lever de soleil en plein milieu du Salar d’Uyuni. Nous chargeons, dans le noir, les sacs sur le toit et nous voilà de retour sur les pistes de sel. Le soleil commence son ascension et de magnifiques couleurs orangées apparaissent sur les montagnes alentours. Puis nous nous stoppons au milieu du désert de sel. Le soleil et ses reflets sur le désert nous laissent contemplatifs, c’est un spectacle merveilleux !

Nous repartons en direction de l’île au cactus qui se trouve en plein milieu de l’étendue salée. Juste le temps d’une petite excursion au milieu de ses grands bonhommes verts poilus et piquants avant le petit-déjeuner servi au pied de la colline.

Puis c’est l’instant photo. Après avoir observé les trous de sels dans le sol, nous voilà déposés au beau milieu du désert pour jouer avec la perspective. S’en suit une série de photos aussi loufoques les unes que les autres.

En route pour Uyuni, notre destination finale.
En arrivant dans la ville, nous passons visiter le cimetière de trains se trouvant en bordure de ville. Un immense terrain de jeux où gisent locomotives et wagons rouillés. Nous escaladons chaque partie de ce train en se poursuivant tels des agents 007 en action. Puis, nous dégusterons ensemble notre dernier repas dans un restaurant où les propriétaires ne sont pas des plus accueillants. Nous gardons une première image froide des Boliviens avant de quitter Diego et son bolide de rêve.

Adieu Diego, Salar, cactus, et flamants roses ; et à nous la Bolivie !

Ne perdons pas le nord, mais suivons la flèche !

Join the discussion One Comment

  • Marie-Line dit :

    Wouah … ! entre lagunas coloradas et Salar … vous avez bien fait de prendre ce tour !
    Toujours aussi unique ce salar.
    J’espère que les Boliviens se sont ensuite réchauffés … mais pas sûr ! Les gens de l’Altiplano vivent dans une telle rudesse qu’on ne peut leur en vouloir !
    Je vous sais entrain de quitter le Pérou … qu’ont donc été vos priorités pour Bolivie et Pérou : on ne devrait pas tarder à le découvrir !
    Hasta Luego
    ML

Leave a Reply